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Séance Séminaire ALHIM du 23 février 2018. Présentation du livre « José Martí, 1853-1895. Les fondements de la démocratie en Amérique Latine » de Paul Estrade (Université Paris 8)

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ALHIM Paris8Bis

Séance Séminaire ALHIM
(Amérique Latine Histoire et Mémoire)

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Afiche

Vendredi 23 février 2018

Séance séminaire ALHIM

Présentation du livre José Martí 1853-1895. Les fondements de la démocratie en Amérique latine

Bibliographie Paul Estrade

Vicente Romero et Paul Estrade à l’Université Paris 8

 C’est un honneur pour moi, au nom d’ALHIM, accueillir Paul Estrade, à l’Université de Paris 8. Nous le faisons pour l’écouter nous présenter son José Martí. Sur le personnage de son œuvre et sur ce travail, nous reviendrons après lui avoir donné la parole. Avant de le faire, je dois dire quelques mots sur Paul Estrade, collègue et chercheur.

Peut-être pour certains d’entre nous il est assez connu, mais permettez-moi de dire quelques mots sur lui pour les autres ici présents.

Paul est l’un des collègues fondateurs de notre Université, quand -pour naître- elle a dû s’installer, dans des baraquements désaffectés de l’armée je crois, au milieu du Bois de Vincennes. Plus exactement, Paul a été l’un des collègues conviées par Louis Urrutia et Raymond Marcus pour participer à donner vie à la formation « Modalités des études hispaniques et latino-américaines ». Paul a été donc l’un des collègues qui a creusé le sillon de l’enseignement de l’histoire de l’Amérique latine au sein du département d’espagnol de notre université.  Au début des années 1970, il a eu l’occasion de participer à l’enseignement des cours d’Histoire contemporaine de l’Amérique latine au département d’histoire de notre université, comme assistant de Leslie Manigat, historien d’origine haïtienne.

En tant que chercheur, en parallèle à la publication de nombre d’articles sur l’histoire de Cuba et des Antilles hispaniques, sous les encouragements du regretté Noël Salomon, il s’est consacré à faire sa thèse sur José Marti, son œuvre et son action. Elle l’a fait presque en parallèle à celle de Jean Lamore qui s’est centré sur le sens de la pensée de MartI sur « notre Amérique ». En 1984 Pau Estrada a pu défendre la sienne à l’université de Toulouse, sous la direction de Joseph Pérez. C’est la deuxième édition française de sa thèse en en un seul volume et en format livre que nous présentons cette après-midi.

Mais le travail de chercheur de Paul Estrade ne s’est pas arrêté là. Je ne m’occuperai pas de ses nombreux volumes concernant du moins un lieu mais une longue croisée de l’histoire de France mais de donner seulement un exemple de ce qu’il a fait, pour que le travail sur une partie de l’Amérique latine soit fait en équipe. Ainsi, à Paris 8, il a pu voir le jour et exister, sous sa direction, l’Equipe de recherche Histoire des Antilles Hispaniques (1984-1997), c’est-à-dire le temps qu’il a été professeur en exercice ; mais il a continué a animer la revue de cette équipe, les Cahiers d’histoire des Antilles hispaniques (HIH) (21 volumes, 1986-2003).

Plus significatif encore. Comme fruit d’un travail d’équipe de plusieurs décennies avec un collège cubain (déjà décédé, malheureusement) et Félix Ojeda Reyes (portoricain), cette année sera celui de l’aboutissement de l’édition en espagnol des Obras Completas de Ramón Emeterio Betances, en quinze volumes. Ce n’est pas tout : ces jours il fait les dernières corrections pour publier, en espagnol, la bibliographie chronologique de l’œuvre du Prócer portoricain.

Avec ces mots, je laisse la parole à notre collègue Paul Estrade.

 

Paul Estrade. Bibliothèque universitaire Paris 8

Paul ESTRADE (Université Paris 8)

 J’ai été le premier nommé au département d’études hispaniques et latinoaméricaines de Paris 8 (alors Vincennes), le 1er janvier 1969, pour enseigner la Révolution cubaine, « sans réunion du CNU ni quoi que ce soit ».  Avant de devenir hispaniste j’ai eu une formation d’historien.  Après avoir soutenu ma thèse, en 1984 j’ai participé à la création d’une équipe interuniversitaire de recherche sur les Antilles hispaniques, les « parents pauvres » des études sur l’Amérique Latine. Nous voulions élargir notre regard sur l’Amérique latine. En même temps, notre recherche était, et elle l’est toujours, un travail de citoyen et d’historien. « Martí permettait cet élargissement ». Je fais toujours partie du Groupe de Recherche Interdisciplinaire sur les Antilles Hispaniques et l’Amérique Latine -GRIAHAL, dont le siège se trouve à l’Université de Versailles.

En 1992, j’ai refusé de participer aux commémorations du V Centenaire de la « découverte de l’Amérique ». Mon refus était idéologique et intellectuel, contre le massacre de la conquête, mais aussi contre les concepts « Hispano-Amérique/Ibéro-Amérique ». Je soutien l’usage du concept Amérique Latine, un concept politique à son origine, dont sa validité est toujours d’actualité : « je parle comme ils parlent d’eux ».

Dans mon travail intellectuel, je cherche aussi un équilibre entre l’histoire de l’Amérique latine et l’histoire de mon « pueblo », Soudeilles, un village corrézien. C’est ainsi que j’ai fait et j’ai coordonné, entre autres, plusieurs publications sur la résistance dans le Limousin.

Mais parlons de Martí. Son ouvre est immense. Ses œuvres complètes seront réunies dans 45 volumes. Les écrits de Martí sont toujours actuels. Toujours omniprésent à Cuba, son ouvre sort du contexte cubain et des limites de son siècle. Martí s’inscrit au XIXe siècle, mais il est un homme du XXe siècle et encore du XXIe siècle.

Sans le triomphe de la révolution cubaine et mon soutien au régime cubain depuis 1960, je crois que je ne me serais pas intéressé à Martí. A partir de ce moment, il m’était nécessaire de m’intéresser à Martí pour comprendre les origines de la révolution cubaine. J’ai entamé, alors, une véritable démarche d’historien.

Cuba, entre 1963 et 1973, a fait un effort énorme d’éducation populaire. Ils ont tiré à 30.000 exemplaires une édition de 28 volumes des œuvres complètes de Martí. Sans cette édition, je n’aurai pas pu faire ma recherche sur Martí.

Parallèlement, le gouvernement cubain envoyait des intellectuels de très haut niveau à Paris (ambassade, UNESCO, …) : Juan Marinello, Alejo Carpentier, Julio de Olivera. J’ai eu la chance de pouvoir partager avec eux mes réflexions sur Martí, Cuba et la vie en général.

J’ai commencé mon doctorat d’état sous la direction de Noël Salomon. Les exigences de mon directeur et du doctorat d’état impliquaient l’étude de Martí à partir de son ouvre et de faire quelque chose de durable. Mon directeur me demandait de faire un travail qui serait une référence, un travail « durable », un « petit monument ». En 1971, Noël Salomon a attribué à Jean Lamore la recherche sur la genèse et le sens de l’idée de « nuestra América », et à moi l’étude des idées économiques, sociales et politiques dans l’ouvre de Martí. La recherche portait sur la signification du projet et de l’action révolutionnaire de Martí.

Je voulais saisir la pensée de Martí dans son évolution (contexte et dates) et dans son action : « Hacer es la mejor manera de decir ». Après multiples lectures, consultation de nombreuses archives, j’ai articulé mon interprétation de la pensée de Martí comme une conception nouvelle de la démocratie, c’est-à-dire l’étude de la pensée de Martí sur la démocratie pour l’Amérique Latin entendue comme le complément de l’œuvre de Tocqueville. Cette problématique, à l’époque, fait partie d’un axe très peu abordé dans les études sur Martí.

Débat

Vicente Romero: Paul Estrade c’est un laboureur de l’histoire. Le livre qui nous présente aujourd’hui, est un dictionnaire thématique, conceptuel et contextuel de la pensée et l’action de José Martí, une introduction à cette expression du « libéralisme social ». Une pensée et une action différente à celle, libéral conservatrice, de Tocqueville. Mais, au fond, l’œuvre de Paul Estrade, dépasse largement l’étude d’un héros : elle est une étude du contexte socio-historique, des réseaux qui ont donnée comme résultat la pensée en action de Martí. Voici deux questions :

Très tôt, Martí montre une certaine distance vis-à-vis de l’expression « Amérique latine » (« Nada es tan autocrático como la raza latina, y nada es tan justo como la democracia puesta en acción », écrivait-il en 1876). En 1894, dans une lettre à Ramón Mayorga Rivas, il emploie l’expression « indo-amérique ». Vous résumés la pensée de Martí sur les Indiens avec cette phrase poignante : « Ils sont le passé et l’avenir de l’Amérique, pas le présent » (p. 202). Quelle est donc le sens qui pouvait comporter chez Martí l’expression « notre Amérique » ?

Ma deuxième question. Vous considérez Martí comme « plus proche de l’Afro-américanisme d’Angéla Davis que du Panafricanisme de Garvay ». Je partage votre appréciation. Je comprends bien les difficultés de Martí, un Cubain consacré à l’indépendance de son pays, et par conséquent, soucieux des risques centrifuges des forces sociales internes concernées par ce combat. Toutefois, sachant l’importance fondamentale d’Haïti dans le processus des indépendances dans l’Amérique latine et les Caraïbes, avez-vous une explication des raisons pour lesquelles Martí ne mentionne pas Toussaint-Louverture parmi les Héros des indépendances latino-américaines, à la même hauteur qu’il a accordé a Bolívar et Juarez, par exemple ?

Paul Estrade: Martí a employé l’expression « Amérique latine », pas souvent mais il l’a fait jusqu’en 1884. Après, il hésite. L’expression « notre Amérique », il l’emploi dès 1877, et de façon intense à partir de 1889. Il faut prendre en compte deux facteurs qui jouent pour cette évolution : l’ambigüité du concept latine : la Mère-Patrie ne peut pas être l’Espagne, la Mère-Patrie serait, désormais la France. Au contraire, parler de « notre » Amérique signifie une appropriation par opposition [à la domination étrangère] ; il se place en forme affective, dans le domaine du sentiment, [et à partir de ce niveau émergent] des idées.

Concernant Haïti, Martí est beaucoup moins novateur que Betances, car ce dernier considère Louverture et Pétion comme fondateurs de la pensée antillaise. Il faut comprendre l’évolution [vitale et intellectuelle] de Martí. Lors de sa rupture avec l’Espagne, sa pensée devient « créole cubaine ». Il va découvrir très tardivement Haïti, lors de son séjour dans cette Ile : à ce moment, dans son Journal, nous ne trouvons aucune phrase négative par rapport à ce pays, à ce peuple. Ses phrases son plutôt laudatives.

De façon plus large, il convient de rappeler la réponse qu’il donnera à la question suivante. S’il avait une fille, comment aurait réagi si elle épousait un noir. La lettre de réponse de Martí, découverte après l’édition de son œuvre, donne des faits de société pour comprendre ce libre choix, entre autres, que le travail réuni les gens.

Natalia Molinaro: Si Martí était vivant aujourd’hui, qu’aurait-il pensée de la CELAC et de l’UNASUR ?

Paul Estrade:  Sans doute qu’il les aurait considérés comme bien, mais que l’Amérique latine n’est pas encore mure. Les Etats feront ce que les peuples auront décidé, disait-il. Dans ce sens, Martí a toujours mis l’accent sur la pensée de l’unité plus que sur le fait de l’union : ce dernier est seulement possible comme réalisation du premier. Bolívar avait tenté de mettre en place une union quand l’espace n’était pas encore muri par la pensée. Martí estimait aussi que pour bien assoir les indépendances, il fallait que celle-ci soit la cause commune des opprimés contre les oppresseurs.

Perla Petrich: Concernant les courant existantes entre les collègues à Paris 8, il s’agissait de courants idéologiques ou de méthodologie ? le marxisme était une idéologie ou une méthodologie ?

Paul Estrade: Je parle des méthodologies employées par les collègues. Par exemple, [et pour faire simple] pour l’explication d’un texte : tu sorts tout de ce qui est dit dans le texte (le structuralisme) ; tu comprends le texte en le contextualisant (le marxisme). De mon point de vu et au niveau méthodologique, on ne peut pas sortir tout d’un texte, on a besoin de penser concrètement les choses. Bien sûr, comme tu le sais, Perla, il y avait des collègues et des cours dans lesquels ont combinait de façon pratique ces deux méthodologies.

Un intervenant : Quelle sens prend Martí dans la Cuba d’aujourd’hui ?

Paul Estrade: On ne peut pas étudier Martí et le sortir du contexte historique dans lequel l’étude est faite. Dès son vivant, a commençait le culte de Martí : en 1891 il avait été qualifié déjà comme l’Apóstol. L’avancé dans la connaissance de sa pensée et de son action a changé après sa mort, dominée par la bourgeoisie libérale (Estrada Palma et la Constitution de 1901), qui aboutit par exemple à la séparation de l’Eglise de l’Etat après moins d’une demi-journée de débats, mais qui à la fois est favorable aux « liens privilégiées » avec les Etats-Unis. Ce dernier pas étant en nette contradiction avec Martí. Ce distancement de fait, se confirme si l’on prend en compte que les premières éditions des œuvres de Martí est résultat non pas de la volonté de l’Etat cubain mais de l’un de ses disciples.

Ce sera à la Génération du centenaire de la naissance de Martí de marquer un tournant par rapport à l’œuvre et l’action de Martí. Ainsi, en 1953, Fidel Castro, membre de cette génération, dira que Martí a été « l’auteur intellectuel » de l’attaque à la caserne de Moncada. Cette même année, sous le patronage de l’UNESCO est publié une œuvre avec des textes de Martí. Après la Révolution, la masse découvre Martí.

D’un autre côté, il y a eu aussi des actions comme Radio Martí ou le projet de publier le journal Patrie, avec le même nom du journal de Martí. Mais, ça n’a jamais été possible que l’émigration exprime et représente la pensée de Martí. Mais tous font de l’hagiographie de Martí. En 1995, exceptionnellement, il a eu un essai de « tuer » Martí, avec une thèse sur « los siete errores de Martí ». Cette attaque est venue d’une partie de l’émigration, pour saper la Révolution cubaine, mais ça n’a pas marché.

Dans mon discours de New York, conformément à un texte que j’avais écrit en 1993, que Martí c’est pilier de la Révolution cubaine ; un sentiment, une force morale. Pour cette raison son statue ne sera jamais déboulonnée.



 
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