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Antom Santos, ex-prisonnier indépendantiste galicien : “L’indépendance des nations de l’État espagnol est illégale et ils continueront à nous persécuter par tous les moyens”

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 aut_5777BisEntretien avec Antom Santos, militant de mouvements populaires et ancien prisonnier indépendantiste galicien.

Aux mois de novembre et décembre 2011, une opération policière menée en Galice a abouti à l’incarcération de plusieurs militants indépendantistes accusés d’appartenir à Resistência Galega.

Photo Zoom

Parmi les détenus se trouvait Antom Santos, avec qui nous avons évoqué l’existence de prisonniers politiques au sein de l’État espagnol, le processus d’indépendance que vit la Catalogne, l’irruption de Podemos à la gauche de la scène politique et le projet indépendantiste galicien. Dans le contexte actuel, où l’on commence à s’interroger sur la répression policière au sein de l’État espagnol, nous avons jugé nécessaire d’écouter la voix d’un militant indépendantiste qui a passé cinq ans de sa vie en prison en raison des projets qu’il formait pour la Galice.

Y a-t-il des prisonniers politiques dans l’État espagnol ?

Il y a des prisonniers politiques en Espagne. Il y en a eu pendant toute l’époque du franquisme, il y en a eu pendant la Transition, et cela reste vrai jusqu’à notre époque.

Les membres du Govern (gouvernement catalan) emprisonnés sont-ils des prisonniers politiques ?

Oui. Ils sont incarcérés par mesure préventive pour des raisons politiques, en raison de leur idéologie.

Pourquoi alors utilise-t-on l’euphémisme « politiciens emprisonnés » ?

Eh bien, l’État espagnol a toujours voulu se définir comme une démocratie, tant à l’intérieur que vis-à-vis de l’étranger. Donc, puisque le fait d’emprisonner des gens en raison de leur combat politique apparaît comme contradictoire avec l’existence d’une démocratie, l’État espagnol s’est vu obligé d’échapper à cette définition de « prisonniers politiques ». Le problème est que, si, auparavant, on pouvait alléguer que l’immense majorité des personnes emprisonnées étaient accusées d’être liées directement ou indirectement à la violence, il est impossible aujourd’hui d’utiliser cet argument à propos de la Catalogne, ce qui oblige à recourir à la casuistique ; c’est un peu plus compliqué, mais en réalité, c’est  toujours la même vieille histoire.  

            Les terroristes les plus recherchés (janvier 2017) ; 5 Basques, 2 Galiciens, 6 jihadistes

Est-ce que la société commence à prendre conscience de la situation réelle des prisonniers politiques  dans l’État espagnol ?  

Je considère qu’on assiste à un processus de polarisation : le nationalisme espagnol est face à un défi comme il n’en a pas connu depuis des décennies, en conséquence il s’arme sur les fronts idéologique, politique et médiatique. Cela oblige le camp opposé à se défendre, je ne sais pas si on peut parler de sensibilisation ou plutôt d’un processus dans lequel tout le monde doit prendre position et où il est extrêmement difficile de rester neutre.

La Catalogne est-elle aujourd’hui une république indépendante ?

C’est une nation dont le gouvernement à déclaré l’indépendance, cette indépendance n’est pas acceptée par l’État qui l’occupe, et la communauté internationale n’intervient pas de manière décisive.

Peut-on parler de démocratie ou de droits sociaux dans le cadre de l’État espagnol alors que la Constitution semble peser beaucoup plus lourd que la volonté populaire ?

Envisageons la chose dans une perspective historique et oublions l’actualité immédiate. L’indépendantisme galicien de l’après-guerre a une quarantaine d’années, c’est un des rares mouvements sociopolitiques qui n’ait accepté ni la « démocratie », ni le jeu politique. Nous avons toujours participé aux mouvements sociaux sur le terrain et politiquement dans la rue, et pour cela, nous avons payé dans notre chair les conséquences de notre lutte contre le système. Dès le début, dans les années soixante-dix, nous étions les seuls à dire  que ce n’était pas une  démocratie totale, qu’il s’agissait d’une démocratie sous tutelle, où les pouvoirs réels demeuraient dans les mains de ceux qui les avaient toujours détenus. Ce que nous voyons aujourd’hui en Catalogne, c’est l’application massive de ce que nous autres, en tant que mouvement minoritaire, subissons depuis 40 ans. Ce qui nous frappe, ce sont tous ces cris de surprise. Nous avons des prisonniers politiques depuis la fin des années soixante-dix, nous subissons une loi d’exception, nous somme poursuivis par la police municipale et « nationale », simplement pour avoir diffusé de la propagande dans la rue.  Pour nous, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Quelle est la différence ? C’est qu’aujourd’hui il s’agit d’un mouvement de masse, ce qui oblige tout un chacun à prendre position.

Comment se peut-il que le procés (le processus catalan) dérange plus les citoyens que la corruption ou l’austérité ?

Voilà une bonne question. Je suppose que dans les moments de crise où d’incertitude, de larges secteurs de la population se rangent massivement du côté du pouvoir, de quelque bord qu’il soit, sans doute dans l’espoir d’y trouver quelque avantage et une certaine tranquillité politique. Il y a peu de temps j’ai entendu un ouvrier qui buvait dans un bar avec un camarade, dire qu’il ne voulait pas se mêler de la question catalane. Il se disait apolitique, et il en avait assez des conflits familiaux ou personnels que cela causait ; cet ouvrier faisait une remarque intelligente : il est facile de parler politique quand on gagne six mille euros par mois, mais « moi, je n’en gagne que mille, et je ne peux pas. » Malheureusement une partie de la société sait que s’aligner sur le pouvoir procure des avantages immédiats. Le franquisme n’est pas mort, l’idée qu’il ne faut pas s’attirer des problèmes persiste, il existe toujours un franquisme sociologique, je ne sais pas s’il est majoritaire, mais il est encore très fort. Un franquisme qui se manifeste ostensiblement aujourd’hui parce qu’il se sait menacé.

Comment expliquer qu’on puisse envisager l’interdiction de partis comme la CUP [Candidature d’unité populaire, parti indépendantiste de gauche catalan, membre de la coalition gouvernementale catalane dissoute par Madrid, NdE]?

Il existe en Espagne une législation d’exception, fruit de l’accord passé dans les années soixante-dix entre les fascistes et la gauche réformiste.  Cette législation d’exception s’est manifestée de différentes façons, mais essentiellement dans la loi antiterroriste, ultérieurement Ley de Partidos. Nous avons été seuls à la dénoncer, et nous en souffrons, alors que maintenant, les modérés en subissent de plein fouet les effets, peut-être parce qu’à l’époque ils ne se sont pas rendu compte de ce que le problème les concernait aussi. Il se trouve qu’à l’époque, le problème ne visait que les violences commises par trois pelés et quatre tondus radicaux, mais il se préparait déjà toute une batterie de textes législatifs à utiliser dans des situations comme celle que nous vivons aujourd’hui.

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"Tout ce que je peux imaginer que vous pensiez faire pourra être retenu contre vous"

C’est une chose qu’on peut constater dans la menace faite à diverses communautés de leur appliquer éventuellement l’article 155.

Rappelons-nous en effet le poème du pasteur Niemöller : «  Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste... » Cela reflète bien la réalité.

Penses-tu que l’indépendance soit possible dans le cadre de la Constitution espagnole ?

Nous avons déjà la réponse. L’indépendance est illégale et sera combattue par tous les moyens légaux et même illégaux. Ils ont déjà mené une guerre sale dans ce but au cours des années passées, et ils sont capables de continuer à la mener. De fait, dans ce sens, nous sommes aujourd’hui en pleine illégalité.

En quoi consiste alors la promesse d’une réforme constitutionnelle ?                              

La réforme constitutionnelle est une troisième voie imaginée par la gauche réformiste et par les nationalistes autonomistes d’alors, qui pensaient qu’il serait possible d’avoir un dialogue d’égal à égal avec les tenants du pouvoir réel et avec l’État. Cela fait quarante ans qu’on essaie s’emprunter cette voie sans succès, du fait du refus d’une des parties de jouer son rôle d’interlocuteur. C’est notre « ennemi » qui ferme la porte, pas nous.

L’Audiencia Nacional est-elle un organisme utile à la démocratie ?  

Je ne crois pas que la démocratie existe  dans le cadre de l’État espagnol. Il existe une espèce de démocratie surveillée à l’usage de certains secteurs, qui peuvent en jouir et l’utiliser, en acceptant au préalable certaines règles du jeu qui me semblent limitatives et qui écartent du jeu politique un grand nombre de positions idéologiques. Ainsi, en partant de ces prémisses, l’Audiencia Nacional est un tribunal qu’on maintient en place essentiellement pour combattre toute forme de dissidence politique. Principalement nationaliste, mais également sociale. C’est pour cela qu’elle travaille et elle a toujours fait son maximum pour démanteler le mouvement indépendantiste galicien.

Peut-on parler de séparation des pouvoirs dans le cadre de l’ État espagnol ?   

Je ne suis pas spécialiste de la question, mais, il y a quelques jours à peine, je lisais une étude qui relevait l’absence d’indépendance du judiciaire en Espagne. Cette étude signalait que l’indépendance judiciaire en Espagne se situe à un niveau inférieur à ceux de pays comme le Kenya, la Chine ou l’Arabie saoudite. C’était une étude du Forum Économique Mondial, si je me souviens bien. Apparemment, même ses propres alliés à l’intérieur du système notent qu’il n’y a pas de séparation des pouvoirs au sein de l’État espagnol.

Crois-tu à la solution fédérale ?

Nous sommes indépendantistes, et nous croyons par conséquent qu’une nation doit se constituer en État indépendant. Cela fait partie de la logique de l’affirmation et de l’existence des nations que chaque nation dispose de son propre  État. Si cette nation a un statut garanti de souveraineté, elle peut toujours négocier cette souveraineté sur un pied d’égalité avec toutes les autres nations. Le fédéralisme, non. Le confédéralisme reste toujours une option. Cependant nous ne croyons guère à la possibilité d’une confédération avec les Espagnols, c’est un pays qui nous a toujours méprisés en tant que nation, de même qu’ils méprisent notre nationalisme. Nous sommes ouverts à la possibilité de nous confédérer avec de nombreuses nations européennes, mais avant de nous confédérer, il faut que nous soyons indépendants. C’est pourquoi nous avons tout de suite écarté la voie fédérale.

Peut-on, à l’intérieur de l’État espagnol, parler d’élever des murs à cause de l’indépendance de la Catalogne si l’on tient compte de la réalité actuelle à Ceuta et Melilla [enclaves espagnoles au Maroc, entourées de barrières fortifiées, barbelées et électroniques, NdE] ?

Les relations politiques internationales sont dominées par le cynisme et l’hypocrisie. Il suffit de constater la position de la « communauté internationale » vis-à-vis des mouvements indépendantistes dans le bloc de l’Est, purement intéressée et pragmatique, ne visant à rien d’autre qu’à liquider le socialisme. Nous devons comparer cette attitude avec le point de vue que ces pays adoptent aujourd’hui vis-à-vis de la Catalogne, et leur duplicité saute aux yeux. Un autre exemple est la position des médias sur la violence de l’opposition au Venezuela et leur attitude vis-à-vis des manifestations en Catalogne. Leurs arguments sont si faibles qu’ils ne tiennent pas debout.

Est-ce que l’État espagnol endoctrine ?

L’une des missions essentielles du système éducatif  est de créer une identité nationale espagnole. Il est vrai que l’existence de régions autonomes à l’intérieur de  l’État a autorisé certaines marges de manœuvre à des opinions qu’on appelle périphériques, ce qui par ailleurs n’est pas révolutionnaire ni illégal, puisque  l’État espagnol reconnaît l’existence de trois nationalités historiques. Il existe donc bien un endoctrinement politique. Dans tous les États européens, l’enseignement travaille dans ce sens ; ici on a bénéficié d’une certaine marge, d’une certaine liberté dans le discours, mais maintenant il semble qu’on va repartir en sens inverse, vers la recentralisation de l’État.

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2015 : Mouvement contre la Loi organique pour l'amélioration de la qualité de l'enseignement (LOMCE) et pour une loi galicienne de l'éducation

Est-ce que la Galice est une colonie ?

Oui, nous pensons que c’est une colonie. Nous pensons que c’est une colonie parce qu’en plus d’être une nation dépourvue de souveraineté, comme beaucoup d’autres en Europe, la Galice, privée de ses classes dirigeantes très tôt, a été incapable de se développer de manière autocentrée, nous n’avons pas pu non plus avoir un développement économique normal selon les normes  capitalistes. Cela explique des processus sociologiques très connus, comme la haine de soi, l’ignorance de notre histoire ou les efforts faits par une part importante de notre population pour se défaire de la langue galicienne. Des trois questions nationales en débat [Catalogne, Euskadi, Galice, NdE], pour ce qui est d’une origine millénaire et d’une tradition politique propre, notre histoire est la plus évidente, mais aussi la plus passée sous silence. Cela tient peut-être à ce que nous manquons de propres élites qui seraient capables de faciliter le combat pour l’indépendance.

Que penses-tu de ceux qui, à gauche, décident de ne pas appuyer le mouvement indépendantiste catalan parce qu’ils n’y trouvent aucun drapeau avec  lequel s’identifier ?

Face aux questions nationales, il a toujours existé dans l’État espagnol deux incertitudes, la première relevant d’un certain purisme.  On a toujours dit, même dans le mouvement ouvrier galicien d’avant le franquisme, que la question nationale est une notion de droite. Cet argument est en partie exact, mais ce n’est pas toute la vérité. Il est vrai qu’il n’existe aucune définition idéologique de la question nationale, ni d’un côté, ni de l’autre, mais nous autres comprenons que quand on donne un contenu social à la question nationale, il est du devoir des forces de gauche d’apporter leur contribution. Je considère que cette première position de doute est puriste, et donc pour moi erronée. Ensuite il existe une vision plus fausse, plus trompeuse, une position qui cache au nom de questions idéologiques l’incapacité à affronter l’État . Aujourd’hui tout le monde, qu’il soit nationaliste ou non, galicien, espagnol, basque ou catalan, sait qu’il existe une occasion en or d’affaiblir l’État espagnol. Quiconque est assez lucide devrait monter au créneau, et ceux qui ne le font pas  font montre d’hésitations qui ne sont aucunement justifiables dans un moment comme celui-ci. Dans ce cas, l’idéologie fonctionne comme un alibi.

Est-ce que la Galice devrait être indépendante ?

Nous sommes des indépendantistes galiciens, c’est ce qui nous motive politiquement.

Penses-tu que la Galice est mûre pour l’indépendance ?

La libération nationale est un processus de longue durée, qui ne peut pas se mesurer pas à l’aune d’une vie. Il s’agit d’un processus qui engage des générations, et nous sommes à une étape historique de ce processus, qui, logiquement, a encore besoin de mûrir. Les grands sauts qualitatifs sont la conséquence de milliers de petits sauts quantitatifs, et ma génération et les précédentes avons ajouté des grains de sable à un processus de maturation de la conscience nationale et de l’organisation. Nous n’avons pas encore atteint la phase de la maturité, mais cela ne nous préoccupe pas, nous ne sommes pas pressés. Nous voulons accumuler des forces et progresser sans nous fixer un délai.

L’État espagnol nous leurre-t-il en promettant un référendum sur l’indépendance ?

La gauche réformiste (espagnole) et  les nationalistes réformistes ont souvent recours à l’argument suivant : aujourd’hui, non,  demain, oui, mais le temps passe et ce lendemain n’arrive jamais. La promesse  est toujours la même depuis les années trente, c’était le raisonnement de beaucoup de galléguistes.

Quelle est aujourd’hui la situation de l’indépendantisme galicien ?

Je crois que nous sortons d’une situation paradoxale. J’oserai dire que les idées que nous avons été les seuls à faire vivre dans des conditions très défavorables sont aujourd’hui majoritaires chez les gens de la gauche critique. L’idée même de l’indépendance était une utopie totale, je ne parle même pas de sa réalisation, mais simplement de l’énoncer sur le papier. En Catalogne nous voyons que les leaders du processus indépendantiste n’étaient pas indépendantistes il y a vingt ans, même en Galice, nous divergions des autres nationalistes sur la question de l’indépendance. Je crois qu’aujourd’hui ce tabou est mort. Le travail que nous avons fait de délégitimation de l’État espagnol, en dénonçant le fait que ce n’était pas une véritable démocratie, en critiquant le fait que l’action politique était réservée à quelques professionnels stipendiés, en mettant en avant l’essentiel était l’assembléisme et le travail de rue, toutes ces idées que nous prêchions dans le désert, nous voyons qu’aujourd’hui, depuis le début de la crise du capitalisme en 2008 et ses conséquences politiques, presque tout le monde  les partage.  

C’est le côté positif. Le côté négatif est que nous n’avons pas réussi à transformer ces idées en structures solides en termes d’organisation. Nous n’avons pas su nous ancrer dans des structures durables. Cela est dû en partie au travail sale qu’a toujours fait l’État  pour nous saboter par une répression de basse intensité, par un harcèlement subtil mais qui finit par payer, surtout auprès des personnes  peu politisées et des jeunes. Nous sommes victimes de peines de prison et de la propagande des médias. Nous sommes aussi en partie responsables, il ne faut pas botter en touche. Nous avons commis des erreurs qui ont mis à mal notre stabilité dans le temps, nous aurions probablement dû travailler à nous faire mieux connaître et être plus reconnaissables. Nous en sommes là pour le moment.

À quoi doit ressembler le militantisme de gauche de nos jours ?

En ce qui concerne le militantisme de la gauche indépendantiste, je crois qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Tout a déjà été inventé il y a longtemps. Ce qui se passe, c’est que le militantisme de la gauche indépendantiste n’offre à ce jour aucun avantage immédiat sur le plan matériel. C’est un travail qui repose essentiellement sur de valeurs, sur le désir d’améliorer cette société à moyen terme. Il faut être patient, du fait de l’étau de la répression, n’exagérons pas, ce n’est pas non plus dramatique, mais le marquage constant de l’État est plutôt gênant. Le problème majeur est que nous vivons dans une société vouée au culte de l’individu. Il est très compliqué d’ouvrir une brèche et de soutenir comme nous le faisons que l’individu progresse quand la collectivité progresse. Dans notre société, tout discours qui prône un bonheur basé sur le collectif  a un mal fou à se faire entendre, je ne veux pas dire, pour se faire entendre et faire descendre des milliers de gens dans la rue un jour de manifestation, je veux dire, pour que notre vie quotidienne soit gérée en fonction de l’intérêt collectif. C’est très difficile. c’est un problème qui se pose à nous, qui se pose aux anarchistes, qui se pose à la gauche révolutionnaire en général. Nous avons sans doute, je le répète, notre part de responsabilité. Notre mouvement a toujours eu trop de conflits internes, une tendance excessive à la scission et à la zizanie que nous n’avons jamais réussi à surmonter jusqu’à présent.

Que penses-tu de l’irruption de Podemos à gauche ?

J’étais en prison à l’époque, sans internet, et j’ai donc tout vécu par l’intermédiaire des médias traditionnels, je n’étais pas sur le terrain, là où ces processus doivent se vivre. Il y avait clairement, dans de larges secteurs de la population, une très grande frustration et une colère accumulée  contre le capitalisme, et à un certain stade Podemos a su les exploiter. En ce qui concerne l’indépendantisme galicien, il y a essentiellement deux choses qui nous séparent : tous ce que nous faisons, quelle que soit notre ligne idéologique, plus ou moins de  gauche avec les nuances qu’on voudra, on le fait du point de vue de la Galice. Nous n’adhérerons jamais à une stratégie élaborée par des stratèges qui vivent une autre réalité que la nôtre, notre réalité est unique et nous sommes les seuls à pouvoir la changer. C’est la première chose qui nous a séparés de Podemos. La seconde est que, entre la dialectique de rupture et le réformisme, il n’y a pas de moyen terme, pas plus qu’il n’y en a dans la question nationale galicienne. Est-ce que je suis pour la rupture ou la réforme, est-ce que je fais un pas vers la réforme mais ensuite non… On est soit une force de rupture qui évolue dans la rue, ou un mouvement réformiste qui évolue dans les institutions. Nous sommes une alternative de rupture, c’est ce qui nous différencie de Podemos.  Mais comme j’ai dit, je ne veux pas trop m’avancer parce que je n’ai pas vécu ça de première main, si vous me dites que vous avez connu un type dans une assemblée et qu’il était indépendantiste, je ne dirai pas le contraire, je n’y étais pas.                                                                                                                                   

Est-ce que l’électoralisme a changé Podemos ?

Nous savons ce qu’est l’électoralisme dans notre pays, parce que c’est une longue tradition. Cet électoralisme conduit à confondre les moyens avec la fin, ce qui n’est qu’un moyen dans une certaine lutte sociale finit par devenir une fin. Cela aboutit toujours à une bureaucratie très enracinée dans la politique institutionnelle, qui avance au rythme imposé par les médias et freine la mobilisation populaire au bout du compte. Et on finit par entonner le refrain qui dit que ce n’est pas encore le moment, ne dites pas ça, ne faites pas ça, on va s’aliéner les électeurs du centre, etc.

Considères-tu la violence comme un moyen de lutte légitime ?

Les processus de changement politique radical sont toujours illégaux. Violents ou non, ils sont toujours illégaux. L’État espagnol réprime l’opinion au moyen d’une législation sur la violence politique, la législation de l’État espagnol permet uniquement d’applaudir la violence politique des vainqueurs de la Guerre Civile et de leurs héritiers. Je ne peux donc répondre à ta question dans le cadre d’aucune interview, tout comme nous ne pouvions pas y répondre devant l’Audiencia Nacional quand le procureur nous l’a posée.  Le procureur nous a demandé si nous étions en faveur de la lutte armée et de la violence politique, et j’ai répondu que j’étais pour que les conflits se résolvent démocratiquement. Aujourd’hui on qualifie même de violentes des formes de mobilisation qui ne l’étaient pas auparavant, comme c’est le cas pour les dirigeants de la société civile catalane. C’est pourquoi je ne peux pas répondre à cette question. Pas pour fuir la polémique, mais parce qu’il existe une législation de l’État espagnol qui poursuit la liberté d’expression à cet égard. Il ne peut exister qu’une seule opinion légale, les autres sont du gibier pour l’Audiencia Nacional.

Est-ce que l’État espagnol refuse de laisser mourir l’ETA ?

Je n’ai pas d’opinion sur la politique concrète de l’État espagnol au Pays Basque. L’ETA était un mouvement qui a combattu par tous les moyens, légaux et illégaux. Après avoir radicalement changé de stratégie il y a quelques années, ils espéraient une série de gestes de la part de ceux d’en face, mais il n’y a eu qu’une politique de revanche, de terre brûlée. Les prisonniers sont toujours derrière les barreaux, je ne dis pas qu’ils devraient être libérés, ce qui serait logique après la fin d’un conflit, mais qu’on ne leur a même pas permis d’obtenir le même régime pénitentiaire que celui des autres prisonniers de l’État espagnol.

Mais ça ne te paraît pas particulièrement étrange, cette absence de dialogue de la part de l’État espagnol avec une organisation terroriste qui veut déposer les armes ?

La seule réponse de l’État espagnol ces dernières années a été le refus de tout dialogue politique ou militaire. Ils ont essayé de les saigner à blanc et de les détruire.   

Penses-tu qu’Otegi* soit un acteur politique valable ?

Je suppose qu’il l’est, c’est un dirigeant très capable et qui a  l’appui d’une grande partie des militants de son mouvement. On devrait donc pouvoir le considérer comme un acteur politique valable. 

Comment se peut-il qu’on oublie si vite l’accident ferroviaire de Saint-Jacques-de-Compostelle, les incendies en Galice, la corruption, la crise des réfugiés ou les charges policières du 1er octobre en Catalogne ?

Deux facteurs entrent en jeu. D’une part nous vivons dans une société sans vision à long terme, un monde dans lequel la mémoire se perd à un rythme accéléré. Cela a un rapport avec la révolution technologique. Nous vivons aujourd’hui stimulés par des clics, cela nous permet de nous tenir « informés », et cependant cela ne nous permet pas de distinguer l’essentiel de l’accessoire. D’autre part, il existe un monopole total du contrôle des médias au niveau mondial. Le contrôle de la classe dominante sur les messages idéologiques est féroce.

Quel devrait être le rôle des médias dans le cadre de l’État espagnol ?

Question très difficile.

Je peux t’assurer que je ne connais pas non plus la réponse.

]Rires] Je peux te parler du rôle que jouent les médias à notre égard. Historiquement, ils ont maintenu un silence absolu sur toutes nos actions, leur stratégie consistait à nous considérer comme un ennemi. Cela, et la simple reproduction des communiqués officiels de la police quand ils devaient mettre le gant de fer de la répression, telle est la ligne que les médias ont adopté contre le mouvement indépendantiste et qui nous montre sous un jour très défavorable.         

Combien de médias ont pris contact avec toi à l’occasion de la récente polémique sur les prisonniers politiques en Espagne ?

La Directa, Sermos, et vous.

Il semble que dans un tel contexte, il pourrait être intéressant de connaître ton opinion…

Au départ il y avait tout un tintouin médiatique autour de nous, tous les objectifs étaient braqués sur nos photos et tous les détails de notre vie étaient étalés à la vue de tous. Mais quand nous sommes sortis, silence complet. En tout cas, moi, parce que mes camarades sont toujours dedans. Quand nous sommes sortis la presse n’a pas parlé de nous, nous sommes restés sans voix, sans droit de réponse.

Ton point de vue sur ces questions n’est pas jugé digne d’intérêt ?

C’est un conflit politique qui « ne fait pas couler le sang »pour le moment, pour la population. Je le dis ironiquement, parce que ceux  qui sont emprisonnés sont qualifiés de violents par le système, afin qu’ainsi la population n’ait pas à s’en préoccuper. Pour que ça fonctionne, le régime a besoin du bombardement médiatique. Bien sûr il existe des médias indépendants, il y a beaucoup de choses sur internet, mais les médias dominants sont ce qu’ils sont. Je ne m’arrache pas les cheveux, je ne me lamente pas, c’est dans la logique des choses.

Quand on s’engage dans cette voie, est-on conscient des conséquences possibles ?

Nous en avons toujours été conscients dès le départ. La répression prend des aspects très variés. Il y avait des gens qui nous approchaient avec la crainte de finir en prison, mais on ne finit pas automatiquement en prison. Si tu es dans le collimateur, ils te mettent des bâtons dans les roues, ils te harcèlent, mais après tout dépend de ton niveau d’engagement et d’autres facteurs plus aléatoires. La peine peut être plus ou moins lourde, cela dépend du parcours politique de chaque militant et de jusqu’où on est prêt à s’engager. De façon très générale, on associe l’indépendantisme avec la répression et la prison, mais beaucoup de scénarios sont possibles, de même qu’il y a beaucoup de scénarios possibles en prison. Là je discute avec vous dans une cafétéria, mais mes camarades purgent une peine de 13 ans et 9 mois. À l’instant même – il regarde sa montre – ils sont sur le point de dîner et de regagner leurs cellules. Beaucoup de scénarios sont possibles, quand nous avons décidé de militer pour la cause indépendantiste galicienne, nous savions que nous serions surveillés, qu’ils allaient nous tomber dessus et qu’en fonction de la voie que nous prendrions, nous subirions telle ou telle conséquence.

Qu’est-ce que tu peux dire à ces gens qui traitent Puigdemont de lâche parce qu’il essaie d’éviter d’aller en prison ?

Seul l’individu concerné peut se prononcer sur l’engagement qu’il assume envers son pays ou ses idées, personne ne peut décider pour autrui jusqu’où il doit aller. Nous pouvons seulement lui demander d’être cohérent. Nous-mêmes sommes entrés en prison en tant que prisonniers indépendantistes galiciens, nous nous sommes comportés comme tels en prison et devant l’Audiencia Nacional, voilà ce que nous voulons faire, y entrer et en sortir plus forts si possible.

Que penses-tu du rôle joué par la CUP ?

C’est un mouvement frère, nous avons de très bonnes relations avec les mouvements indépendantistes catalans depuis les années quatre-vingts et quatre-vingt-dix.

Est-ce que ce qu’on appelait il y a quelques années la gauche est maintenant considéré comme la gauche radicale ?

Il y a un processus de glissement vers la droite dans tous les domaines. Des positions considérées comme tièdes il y a trente ans peuvent même être considérées comme radicales aujourd’hui. Tout change très vite. Il y a 20 ans nous envisagions la fin de l’histoire, aujourd’hui beaucoup de positions sont ébranlées.

Qu’as-tu ressenti en voyant les Jordis** entrer en prison ?

Je n’ai pas été surpris, car je connais l’État espagnol, nous savons bien jusqu’où il peut aller. Je me demandais seulement ce  qu’oseraient faire les indépendantistes. Jusqu’à maintenant ils ont l’air de se montrer courageux.

As-tu été jugé équitablement ?

Non, nous avons été jugés par un tribunal politique. Nous sommes arrivés au jugement après être passés par la loi anti-terroriste, maintenus au secret, avec interdiction d’être défendus par notre propre avocat. Nous sommes arrivés au jugement après avoir été maintenus un an et demi en prison, sous un régime d’isolement, ceux qui ont assisté au jugement ont pu constater les atteintes portées aux droits de la défense, même les experts ont été expulsés de la salle. Notre condamnation, à un an près,  était fixée à l’avance.

Sous quel motif as-tu été condamné à la prison ?

La condamnation a été prononcée contre quatre militants galiciens, au cours d’un cycle qui a commencé en 2005, au cours duquel des militants sont tombés avec une certaine régularité, nous quatre formions un élément d’une chaîne d’arrestations. Les condamnations prononcées l’ont été pour appartenance à une organisation terroriste, usage de faux documents et détention d’explosifs. Maria  Osório et moi-même avons été condamnés uniquement pour les deux premiers délits. Pour cela, nous avons été condamnés tout d’abord à dix ans, ensuite réduits à huit ans puis  à cinq ans et cinq mois en dernière instance. Il ne s’agissait pas simplement d’incarcérer quatre personnes, mais d’envoyer un message dissuasif à l’ensemble du mouvement. Ce message a partiellement atteint son but, car un cordon sanitaire « protecteur » s’est formé autour de nous. Sous l’effet de la peur personne ne prend des décisions politiques sensées, dans une ambiance de peur on prend des décisions plutôt stupides et irrationnelles, c’est pourquoi il existe toute cette panoplie de l’« apologie du terrorisme » et de la loi antiterroriste.

Que ressent-on quand on entre en prison ?

Quand on est un  prisonnier politique, il faut pouvoir continuer à apporter sa contribution au mouvement même si les communications sont rares et contrôlées. Cela dépend beaucoup de ce que tu aimes écrire, sous forme d’articles ou de réflexions. Avec la discipline, c’est essentiel en prison.

Vois-tu la politique de dispersion comme une double peine pour les familles ?

Oui, c’est évident. Au fait d’avoir un membre de sa famille en prison s’ajoutent les longs voyages en autocar entraînant un risque d’accident, une grosse dépense financière pour les familles pauvres et un milieu social étranger à sa langue et à ses coutumes. Le moral du groupe se détériore plus facilement si on s’en prend à son entourage, qui donne la vie aux prisonniers, heureusement, nous, nous avons toujours pu compter sur une organisation qui nous facilitait grandement les choses depuis l’extérieur.

As-tu subi des tortures ?

Je voudrais être bien clair à ce sujet. Il faudrait recourir au dictionnaire pour savoir quel mot utiliser exactement. J’ai entendu parler d’autres détenus qui ont subi de véritables tortures, mais personnellement, j’ai seulement été maltraité physiquement et psychologiquement, toujours dans le cadre de la défense de mes droits de prisonnier politique. De petites agressions, qui vous marquent plus par l’humiliation qu’elles vous font subir que par leur violence.

Quelle est la situation des prisons dans le cadre de l’État espagnol ?

Aujourd’hui elles ressemblent au modèle US des maxi-prisons, la vieille prison de province n’existe plus. Les prisons sont stratifiées au niveau interne, et nous y sommes toujours placés au premier plan de la section la plus conflictuelle. Nous devons y passer plus de 20 heures en cellule par jour, et nous pouvons être soumis au régime d’isolement. J’en ai eu l’occasion, et un de mes camarades y a été soumis pendant de longues périodes. Nous avons connu les espaces les plus délabrés des prisons espagnoles, et je n’ai donc rien de bon à en dire. Je mentirais si j’en disais du bien. Peut-être qu’un délinquant économique ou un pervers violent en aurait  une opinion différente, mais je parle de mon expérience personnelle, et elle est négative. Dans le pire des cas c’est un instrument de répression, et dans le meilleur, ça sert à y entasser les gens.

Ton témoignage semble démolir la théorie de la réinsertion

Pour cela, il suffit d’examiner les taux de récidive de la population carcérale, ils sont très significatifs.

Que dirais-tu à ceux qui aujourd’hui courent le risque d’être emprisonnés pour avoir publié un message sur un réseau social comme Twitter ?

Je ne peux pas leur donner de leçons. Je peux seulement leur dire que nous vivons dans un état de démocratie contrôlée, autrement dit une fausse démocratie. Ceux qui optent pour l’’engagement politique doivent savoir à quoi ils s’exposent. Je ne dis pas cela pour les dissuader, mais c’est un acte qui a des conséquences et il faut savoir les affronter la tête haute et avec dignité. Dans l’action politique, deux attitudes sont possibles : céder ou aller de l’avant.

Penses-tu que nous avons oublié des épisodes du passé de personnages comme Mandela ou Mujica [ancien guérilléro et prisonnier et ancien président uruguayen, NdE] et que nous n’avons conservé que le message que nous renvoie le système ?          

 Oui, c’est trop fréquent. C’est la même chose que quand les médias nous parlent de manifestants pacifiques en Ukraine pour évoquer des gens qui s’arment de fusils d’assaut pour renverser leur propre gouvernement, le pouvoir crée son propre décor, il nous berne, c’est la même chose quand on parle de terroristes en Europe et de rebelles modérés en Syrie.

Qu’as-tu ressenti quand on t’a attaqué sur l’exercice de ta profession ?

En l’occurrence la presse a fait du sensationnalisme, et j’avoue que le mouvement n’a pas beaucoup réagi, d’après ce qu’on m’a dit. J’avais une bourse et certains engagements vis-à-vis de mon département, mais quand j’ai terminé ma thèse, je me suis mis à chercher un boulot précaire comme tous les jeunes Galiciens. L’interdiction d’exercer*** fait simplement partie des obstacles qu’on te met pour t’empêcher de retrouver une vie normale.

Quelle est la situation des prisonniers politiques indépendantistes galiciens ?

Les prisonniers indépendantistes purgent des peines pour avoir défendu leurs idées, c’est pourquoi ils devraient être au cœur des revendications politiques de toutes les organisations de gauche. Quiconque a une conscience politique doit toujours garder à l’esprit les prisonniers politiques et les prisonniers en général. La prison est le lieu où les injustices sont les plus extrêmes et les plus négligées. L’une d’elle est la pauvreté : en prison, si tu n’as pas d’argent, tu as un problème. Nous devons nous souvenir des indépendantistes emprisonnés, non par humanitarisme bon marché, mais parce que ces gestes contribuent beaucoup à rendre leur condamnation plus facile à supporter.

Les nationalistes galiciens se souviennent-ils des prisonniers indépendantistes ?

Ce n’est pas à moi de décider ce qu’ils doivent faire, je les respecte en tant que nationalistes, mais je ne milite pas au sein du nationalisme institutionnel. Je ne voudrais pas me tromper, mais je crois qu’après les dernières arrestations le soutien a été beaucoup plus ferme qu’à d’autres occasions. En ce moment, nos revendications rencontrent plus d’écho dans ce secteur de la politique, y compris au sein des institutions.

NdE

*Arnaldo Otegi (1959) est le porte-parole du parti basque Sortu (Créer), de la gauche indépendantiste, que le gouvernement de Madrid fait tout pour rendre illégal. Il a été emprisonné à plusieurs reprises, la dernière fois pour avoir traité le roi d’Espagne de « Roi des tortionnaires » .

 **Les Jordis, les deux « Georges », sont Jordi Cuixart et Jordi Sánchez, deux leaders catalanistes de la société civile actuellement emprisonnés.

***Antom a été victime d’une clause introduite dans le code pénal par le Parti populaire au pouvoir, et visant à l’origine les Basques, qui interdit aux anciens prisonniers condamnés pour terrorisme l’exercice de toute fonction d’enseignement une fois libérés.

http://tlaxcala-int.org/upload/gal_17463.jpg

2008

que voltem

2017

 

Que Voltem para a Casa (Qu'ils retournent à la maison) est une association de parent.es et ami.es
des prisonnier.es indépendantistes galicien.nes
pour la défense de leurs droits et leur regroupement en Galice

https://www.facebook.com/Quevoltemparaacasa

https://twitter.com/Quevoltem

Daniel Seijo

Original: "La independencia es ilegal y va a seguir siendo perseguida por todos los medios" : entrevista a Antom Santos, ex preso independentista gallego

Traductions disponibles : Português 

Source : Tlaxcala, le 20 novembre 2017


 

 
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