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La demande d’indépendance séculaire de la Catalogne dans les archives ottomanes

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aut_5705BisUn article intéressant montre une continuité entre la position des Ottomans sous Abdulhamid II et celle de la Turquie sous Erdoğan, contre toute indépendance catalane (arménienne, kurde)-Tlaxcala

Les archives ottomanes gardent la trace des demandes d’indépendance et des soulèvements échoués de la Catalogne  au 19ème et 20ème siècle

Alors qu’on s’attendait à ce que l’indépendance soit proclamée suite au référendum réalisé le 1er octobre par le gouvernement autonome de Catalogne et considéré comme « illégal » par le gouvernement central, cette proclamation  a été étonnamment suspendue.

Dans les Archives Ottomanes, rattachées à la Direction Générale des Archives d’État, les registres datant de 1900 et de 1902 démontrent que la demande d’indépendance de la Catalogne, les soulèvements en sa faveur et leur échec ont été une réalité au 19ème et 20ème siècle aussi.

Dans les documents, on trouve des informations fournies aux autorités ottomanes à l’poque du sultan Abdulhamid II par le Consulat Général à Madrid.

L’historien Prof. Osman Köse qui nous a informées, dit que les événements rapportés à l’époque ressemblent aux développements d’aujourd’hui.

Köse raconte que les Catalans, qui s’efforcent de se séparer de l’Espagne et de fonder un État indépendant, sont l’un des peuples les plus anciens de l’Europe, avec une longue histoire, et que le pays est passé sous administration totale de l’Espagne au 15ème siècle, suite à l’unification des royaumes de Castille et d’Aragon.

Köse attire l’attention sur l’assiduité des Catalans dans les domaines de l’art, du commerce, de la production et de la culture, et il assume que cette caractéristique des Catalans provient du fait qu’ils ont toujours gardé leur volonté d’indépendance et leur vivacité.

Köse rapporte que les Catalans ont mené de nombreux soulèvements contre le gouvernement de Madrid au 17ème et au 18ème siècles. Il rappelle que l’éveil catalan réel et les soulèvements contre les Espagnols ont eu lieu dans la seconde moitié du 19ème siècle, que les mouvements nationalistes de cette époque ont également influencé les Catalans de manière profonde, ce qui a fait qu’ils ont résisté en s’unissant contre les Espagnols.

Köse, tout en soulignant que les mouvements nationalistes ont ébranlé les États multinationaux comme l’Empire austro-hongrois et l’Empire Ottoman, ajoute que l’Espagne a vécu des difficultés à la fin du 19ème siècle en raison de l’agitation séparatiste des Catalans :

« L’État Ottoman qui a perdu, vers la fin du siècle, la plus grande partie de ses territoires en Europe et dans les Balkans suite aux Accords de Berlin de 1878, essayait de s’occuper du mouvement séparatiste arménien et suivait de près les mouvements et les efforts pour l’autonomie des Catalans en Espagne. Les activités des Catalans à Barcelone et ses alentours vers 1900 et surtout les actes et mouvements du prétendant au trône Don Carlos et de ses partisans catalans étaient suivis au jour le jour par le Consulat Général de Madrid. »

Un des rapports de l'ambassadeur ottoman à Madrid

« Le peuple s’est révolté »

Insistant sur l’existence des informations à ce propos dans les archives ottomanes, Köse  dit que les activités subversives des Catalans, autour de 1900, étaient considérées comme graves par les Ottomans.

Affirmant que les hommes politiques catalans avaient adopté une attitude de résistance passive vis-à-vis des autorités espagnoles, Köse rapporte les informations envoyées par le Consulat Général de Madrid :

« Les Catalans considéraient le rattachement au Royaume d’Espagne « de mauvaise grâce » et « servant les buts des Espagnols ». Vers 1900, les Catalans vivant à Barcelone et autour, avaient un fort esprit nationaliste et rêvaient de se séparer de l’Espagne pour fonder leur propre État. Les Espagnols étaient inquiets et avaient peur  des préparatifs et de la résistance des Catalans. Selon les Catalans, Francisco Silvela i Le Vielleuse, Premier ministre d’Espagne (1899-1900) avait promis l’autonomie à la Catalogne mais il n’avait pas tenu sa promesse une fois arrivé au pouvoir. Bien que Silvela ait dit qu’il n’avait pas fait de promesse de ce genre, les Catalans, en réaction, ont commencé une résistance passive. Dans le cadre de cette résistance, le peuple de Barcelone et des villes des alentours s’est lancé dans des mouvements de protestation, refusant de payer les impôts. Les magasins ont baissé les rideaux et le peuple s’est révolté. »

Le Dr. Köse précise que les câbles diplomatiques donnent également des informations sur le fait que Silvela a fait emprisonner des leaders catalans et des personnalités ayant poussé le peuple au soulèvement en 1900.

Il souligne que cet acte, au lieu de calmer les Catalans, les a énervés encore plus et que le gouvernement espagnol avait dû recourir à des moyens militaires et envoyer des soldats à Barcelone, suite à l’aggravation des événements. 

Köse a dit que les événements étaient hors contrôle du fait que le leader catalan avait été envoyé emprisonné,  que les responsables militaires arrivés sur place avaient temporairement libéré les gens emprisonnés et que les événements s’étaient partiellement calmés.

Concernant les informations se trouvant dans les archives, Köse poursuit :

« Suite à l’aggravation de la situation en Catalogne, d’importants leaders catalans ont constitué un conseil pour trouver une solution pacifique et ils sont partis à Madrid pour rencontrer le gouvernement central. Le conseil a tenu des réunions avec les chambres de commerce et d’agriculture et il a même rencontré le roi Alphonse XIII mais ils n’ont pas pu trouver de solution. Le roi Alphonse XIII était pour que le problème soit résolu sans violence et sans effusion de sang.C’est pourquoi le Premier ministre Silvela qui était pour une intervention dure, a été destitué et remplacé par Marcelo Azcarraga Palmero qui occuperait le poste pour une deuxième fois. Le nouveau gouvernement d’une part a adopté une politique de non-recours à la violence ,mais d’autre part il a envoyé le cuirassé Charles Quint à Barcelone, à titre « préventif. »

« En 1902, nouveaux signes de soulèvement en Catalogne »

Köse précise que la résistance et l’opposition se sont accélérées : « En 1902, en Catalogne, de nouveaux signes de soulèvement se sont manifestés.  Les partisans de Don Carlos (les carlistes) faisaient des préparatifs militaires en cachette. Une des preuves de cela a été la découverte par les militaires espagnols des 12 000 baïonnettes cachées à des endroits secrets, dans les collines et montagnes autour de Barcelone. Au début de 1902, vers fin mai, à Madrid et à d’autres villes européennes importantes, on s’attendait généralement à un soulèvement catalan avant la cérémonie d’anniversaire du couronnement d’Alphonse XIII. »

À propos de ce qui était vécu à cette époque, Köse dit : 

« Le soulèvement catalan que l’on attendait vers fin mai 1902 ne s’est pas produit mais la volonté de lutte et de séparation des Catalans n’a fait qu’augmenter. La courte guerre civile de 1909 et les révoltes étaient des conséquences de ces développements.

Avant qu’éclate la Première Guerre Mondiale, la question de Catalogne était le problème interne le plus important de l’Espagne et le monde en suivait les développements de près. Lors des époques précédentes, le problème catalan a déstabilisé l’Espagne économiquement et politiquement. Témoin de cette instabilité politique, 15 hommes politiques se sont succédé comme premiers ministres entre 1900 et 1909, la période pendant laquelle les mouvements indépendantistes catalans étaient intenses.»

 

http://tlaxcala-int.org/upload/gal_17208.jpg

«Catalogne-Kurdistan : deux peuples, une même lutte» - Mural des Jeunesses de la Gauche républicaine catalane

Similitudes d’ un siècle à l’autre

Köse indique que, concernant le processus de référendum de la Catalogne, l’approche de l’État ottoman de l’époque et celle de la Turquie d’aujourd’hui sont similaires. 

Köse, en soulignant que l’attitude décidée des Espagnols avait poussé les leaders catalans à faire marche arrière et que ceci les avait poussés à chercher le dialogue et des voies pacifiques avec Madrid, dit : « À cette époque, comme tout le monde, les Ottomans ont suivi attentivement les événements se déroulant en Espagne. Durant la même période, des événements séparatistes arméniens, qui occupaient l’actualité mondiale, ont poussé le gouvernement d’Abdulhamid II à se pencher sur le mouvement similaire catalan en Espagne. Le plus grand travail du Consulat Général Ottoman à Madrid était de reporter à Istanbul les développements importants de la région de manière juste et dans les moindres détails. »

Köse a dit que le référendum d’indépendance en Catalogne était également très important comme un problème interne de l’Espagne et qu’il était suivi de près par le monde entier et par la Turquie :

« La Catalogne est un problème interne de l’Espagne mais le référendum d’indépendance réalisé dans l’Irak du Nord, juste à côté de la Turquie, a largement influencé le regard de la Turquie sur les événements en Catalogne. Car si l’indépendance catalane avait été soutenue, il aurait été contradictoire de s’opposer à la structure que l’on tente de construire dans l’Irak du Nord. D’ailleurs, le Premier ministre Binali Yıldırım a dit à ce propos : « Vu que nous nous y sommes opposés pour l’Irak du Nord, il est normal de s’y opposer pour la Catalogne aussi. 

Donc, comme c’était le cas il y a un siècle pour les Ottomans, les Turcs suivent de près la question catalane. Le regard des Ottomans était influencé par les événements arméniens, et les derniers développements centrés sur l’Irak du Nord influencent la Turquie pour développer des politiques réelles en ce qui concerne le regard sur la question catalane. »

Yıldız Nevin Gündoğmuş

Original: Katalonya'nın asırlık bağımsızlık talebi Osmanlı belgelerinde

Traduit par Damla Kellecioglu

Edité par   Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

Traductions disponibles : English 

Source : Tlaxcala, le 14 octobre 2017


 

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