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Non, la France ne doit pas devenir une start-up

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aut_5551BisÀ Vivatech, Jeudi 15 juin, Emmanuel Macron dans son discours sur la politique d’innovation de la France, annonçant par là même 10 milliards d’euros d’investissement, a prononcé ces mots en apparence modernes:

«I want France to be a start-up nation. A nation that thinks and moves like a start-up.» (Je veux que la France soit une nation start-up. Une nation qui pense et agit comme une start-up.)

Voici le lien du discours en entier pour ceux qui veulent aller plus loin que la phrase, mais cet article prend en compte tout le discours qui a été prononcé.

C’est selon moi la phrase qui résume le mieux le «manque d’idéologie» d’Emmanuel Macron, qu’on lui reproche depuis des mois et que l’on voit bien avec ses candidats aux législatives…. et je vais expliquer rapidement en quoi cette phrase (et tout le discours derrière par la même) est dangereuse pour la République Française. Car c’est la pire chose qu’il puisse arriver pour la France d’être une nation start-up, qui pense et agit comme une start-up, c’est-à-dire la politique du pivot permanent.

Car 90% des start-up meurent dans les 5 premières années, à cause de leur modèle à très haut risque financier et basé sur l’hyper-croissance. On ne peut pas prendre en otage toute une nation sur un modèle fait pour être éphémère, sur un modèle darwinien (en) marche ou crève.

La France n’est pas une start-up, elle a déjà son modèle

Non, la France n’est pas une start-up, c’est-à-dire une organisation temporaire en recherche de modèle de croissance et de revenus, comme le définit Steve Blank, l’un des pionniers à théoriser la mentalité start-up dans la Silicon Valley. La France est une nation multi-centenaire, dont le modèle «liberté égalité fraternité» est universel, universaliste et résonne pour l’éternité. Elle n’est plus en recherche de modèle. Elle est dans l’exécution de ce modèle depuis 220 ans.

Non, la France n’est pas une start-up, détenue par un petit nombre d’actionnaires et des fonds d’investissements non élus, autorisés à faire des choix unilatéraux sans contre-pouvoir qui s’imposent pour tout le groupe. La France est une nation démocratique, souveraine, dont les représentants sont du peuple, élus par le peuple, pour le peuple et qui cherche la séparation et l’équilibre des pouvoirs dans l’intérêt de tous ses citoyens.

La France ne doit pas penser comme une start-up, elle doit mettre l’innovation au service du progrès

Non, la France ne doit pas penser «make something people want», comme le dirait Paul Graham, le fondateur du plus connu des accélérateurs de start-up qui est YCombinator. La France est une République (res publica; la chose publique) qui pense l’intérêt général au-dessus des intérêts particuliers. On aurait encore la peine de mort si l’on s’était contenté d’accomplir uniquement les choses que les gens voulaient. La France doit penser make what THE people want. Le peuple dans son ensemble. Pas une partie du peuple.

Non, la France ne doit pas adopter la stratégie de blitzscaling pensée par Reid Hoffman -fondateur de LinkedIn et investisseur- c’est-à-dire investir des ressources à très grande perte, sur un profil très risqué, misant sur la dette pour prendre des positions de marché dominantes. La France doit gérer ses finances publiques en bonne intelligence car c’est au fond l’argent des citoyens, et elle doit investir sur des infrastructures pour l’avenir, moins risquées et moins rentables à court terme. Ce n’est pas à l’Etat français de prendre des risques, c’est aux entrepreneurs, qui seront récompensés pour cela. Car oui, penser comme une start-up, c’est penser la croissance extrême, à n’importe quel prix, dans une fuite en avant qui mène à l’échec dans 90% des cas. Mais contrairement à une startup, si on rate, on ne peut pas recommencer la France ailleurs.

Non, la France ne doit succomber à la dictature de l’innovation qui règne dans la Silicon Valley, qui se met à innover pour innover tant qu’il y a des gens pour investir dans une économie de bulle…Comme le dirait Peter Thiel dans «Where is the Future». «On voulait des voitures volantes, on a eu des réseaux à 140 caractères à la place». La France ne doit pas se penser et se piloter comme un jeu où l’on éclate des bonbons, ou un réseau social de photos ou de micro-messagerie.

“«La France, 5ème puissance mondiale et puissance nucléaire ne se pilote pas comme CandyCrush, Tinder ou Snapchat»

En revanche, la France se doit de penser le progrès. Avec des valeurs issues des Lumières, elle doit éclairer le monde à nouveau en pensant le futur, et en mettant l’innovation et les start-up au service de ce futur, car «Innovation sans conscience n’est que ruine de l’âme».

Par exemple, la France en tant que nation doit penser le futur par ses intellectuels éthiques, scientifiques et industriels, définir des objectifs qualitatifs et quantitatifs pour l’avenir de l’humanité et favoriser l’innovation en ce sens, et sortir du «spray and pray» qui est de croire que l’on doive arroser et supporter toutes les innovations et prier pour voir celles qui évolueront en progrès.

Elle peut le faire par le pilotage se sa recherche publique vers ces objectifs, le pilotage de sa politique de financement de l’innovation via la Banque Publique d’Investissement et la Caisse des dépôts et Consignation et une politique ouverte de valorisation par les ses Sociétés d’Accélération du Transfert de Technologies. L’État peut le faire aussi avec le contexte juridique de la propriété intellectuelle pour autoriser tous les entrepreneurs sur le territoire à a accéder à une licence gratuite sur les brevets non exploités détenus par l’État.

C’est peut-être même négocier au niveau mondial de renoncer à la brevetabilité du vivant ou des médicaments pour les pays plus pauvres, ou sur les énergies propres, dans une logique de progrès pour l’humanité contre la logique du capital. Un peu comme l‘a fait Elon Musk quand il a mis les brevets de Tesla dans le domaine public, ou bien l’accélérateur YCombinator dont j’ai parlé plus haut qui garantit avec son centre de recherche YCResearch que tous les résultats issus de leurs travaux seront dans le domaine public.

Dans le même temps, La France, contrairement à la philosophie start-up, se doit de diriger le monde pour réfléchir aux garde-fous que l’innovation essaie de contourner, poussée par sa logique de profit à court terme. C’est par exemple ce qu’ont fait des entrepreneurs et chercheurs de la Silicon Valley dans le mouvement OpenAI qui souhaitent financer l’équilibre des savoirs dans le domaine de l’intelligence artificielle, afin de garantir que celle-ci ne parte pas à la dérive et devienne notre dernière invention. C’est le rôle d’une nation éclairée comme la France de penser ces choses-là au niveau mondial. Pas de penser comme une start-up, d’accepter toute innovation quel que soit son impact sur le monde, sous le seul prétexte que c’est de l’innovation, sans que l’on sache dans quelle direction aller. Car comme le dit le proverbe chinois «Il n’y a de bon vent qu’à celui qui sait où il va».

Non, la France ne doit pas céder comme les start-up à la datacratie galopante qui pense que l’on peut tout piloter avec des metrics d’acquisition, d’activation, de rétention, de revenus et de recommandations, des statistiques et du big data. Voire même succomber à ce qu’Eric Ries, l’auteur de Lean Startup, appelle les Vanity Metrics, ces indicateurs de succès qui n’en sont pas. Que l’on peut tout automatiser, dans une martingale vertueuse de création de valeur illimitée. Non, la donnée n’est qu’une représentation de la réalité car elle souffre toujours de biais statistiques et de collecte. Comme le dit Jacky Fayolle administrateur de l’Insee, «Lorsque les indicateurs sont utilisés sur un mode fétichiste, déconnectés du système d’information dont ils sont issus, ils appauvrissent l’action publique plus qu’ils ne l’enrichissent, tout en offrant une évaluation facile, mais illusoire, des performances de ces actions».

Cathy O’Neil, dans son livre Weapons of Maths Destruction: How Big Data Increases Inequality and Threatens Democracy(Armes de destruction mathématique : comment les données massives augmentent les inégalités et menacent la démocratie) prend quant à elle l’exemple de la crise des subprimes où elle explique «qu’une formule peut être parfaitement inoffensive en théorie. Mais lorsqu’elle est employée à grande échelle et devient un standard national ou mondial, elle crée sa propre économie déformée et dystopique.» Derrière, ce ne sont pas des fonctionnalités d’application qui ne marchent plus, ce sont des gens expropriés et mis à la rue, des faillites financières de gens qui avaient investi leur retraite sur les marchés et qui n’ont plus rien… et de l’argent public par centaines de milliards de tous les citoyens qui vient renflouer les banques. 

À l’échelle d’une start-up qui recherche son modèle, il est facile de revenir en arrière dans le réel pour comprendre ce qui ne marche pas et de publier une nouvelle version du logiciel deux jours plus tard. Quand l’on parle de baser toute la société derrière la donnée, on prend le risque d’en diluer le sens, ce qui crée un risque systémique de décalage entre la réalité et sa représentation statistique ou algorithmique à une échelle où l’on ne peut plus arrêter la Machine.

Non la France ne doit pas agir comme une start-up, elle doit garantir le long terme

Non, la France ne doit pas «Move fast and break things» , c’est-à-dire d’innover au risque de casser l’existant, comme disait Mark Zuckerberg lors des dix premières années de Facebook. La France doit garantir la cohésion nationale, en garantissant le progrès pour tous, sur le long terme et sans casser les acquis du progrès social, sa culture et son vivre ensemble qui sont un héritage du commun français. D’ailleurs une fois une taille critique atteinte pour Facebook, Mark Zuckerberg a changé ce principe en «Move fast with stable infrastructure». Ce qui se rapproche plus d’une stratégie saine de développement rapide en respectant la stabilité de ce qui a été déjà construit avant, et qui étaie l’affirmation que Facebook n’était plus une start-up. La France elle non plus ne devant pas penser ainsi, doit elle aussi garder la stabilité de ses infrastructures, aussi rapidement qu’elle bouge.

Non, la France ne doit pas «Fuck it, ship it»idéologie qui promeut le fait de sortir les produits pas encore finis, pour les confronter au réel et apprendre de leur impact sur les clients et sur le marché. Comme le dit Reid Hoffman (encore lui), «si vous n’avez pas honte de votre produit quand vous le sortez, c’est que vous avez mis trop de temps à le sortir et que vous auriez plus le sortir bien plus tôt».
La France doit penser les réformes et les lois dans le respect des institutions, du débat et de la concertation dans l’exigence constitutionnelle et ne pas produire des lois ou n’importe quelle autre réforme ou infrastructure, sans penser à l’égalité de droit. Quand on gère 67 millions de personnes, d’une manière aussi avancée dans leur vie, on ne peut pas produire des lois, services publics, infrastructures sans les penser pour tous sur le long terme. On ne peut pas le faire sans les planifier sur des objectifs qualitatifs et quantitatifs de progrès, égalitaires et écologiques, juste pour les sortir et voir ce que ça donne, puis itérer ensuite. En d’autres mots: on ne construit pas des autoroutes ou des centrales nucléaires en mode «Fuck it, ship it».

Non, la France ne doit pas «Ask for forgiveness, not for permission». Les actes de l’État français l’engagent devant l’histoire. On peut le voir avec par exemple l’Allemagne qui n’a toujours pas le droit de détenir l’arme nucléaire ou le Japon qui ne peut pas consacrer plus de 1% de son PIB à son armée, en représailles de leurs actions pendant la seconde guerre mondiale. On peut le voir aussi avec les conséquences de la colonisation qui restent des plaies ouvertes dans une grande partie de la population et un déshonneur français dans l’histoire du monde. Une start-up peut faire des erreurs morales, jouer avec les limites de la loi comme Uber et Airbnb pour faire bouger les lignes, mais un État a bien d’autres responsabilités d’un autre ordre devant le droit international et sur le cours de l’histoire. Non, la France ne doit pas/plus engager la nation pour l’avenir sans penser aux conséquences.

Non la France ne doit pas «fail fast, fail often»la France est un État-nation dont le modèle n’a pas le droit de casser, dans un pays avec 9 millions de pauvres et 4 millions de mal-logés. D’ailleurs, la France ne peut pas économiquement entrer en faillite. La déroute économique, cela se résout à la fin par «l’hyperinflation ou la guerre», comme dirait Karl Marx. L’hyper-inflation si on essaie de rembourser les dettes devenues in-remboursables, la guerre avec ses créanciers si l’on ne veut pas les rembourser et qu’ils viennent la réclamer par la force.

Et puis on ne peut pas recommencer la France avec une autre équipe et d’autres investisseurs. Il n’y a qu’un peuple de France, et un seul territoire de France.

Non, la France ne doit pas comme une start-up segmenter ses offres selon les citoyens dans un rapport clivant, pour des citoyens qui pourront se permettre d’y souscrire et d’autres non. Elle doit au contraire traiter tout le territoire et tous ses administrés d’une manière inclusive, «égale avec les égaux, inégale avec les inégaux» pour compenser les différences de fait ou de nature, non pas pour les accentuer.

Non, la France ne doit pas tout investir uniquement sur le solutionnisme technologique qui prône que l’on peut tout résoudre avec une application comme l’explique Evgeny Morozov dans sans livre «To save everything click here» ou Jaron Lanier dans son livre «Who owns the Future». Les choses sont plus complexes que cela quand on gère une nation. La France doit penser, comme Barack Obama devant des entrepreneurs de la Silicon Valley, que «La démocratie est par définition désordonnée et que si tout ce que je devais faire était de produire un widget (application Web ou mobile), sans m’inquiéter de savoir si les plus pauvres peuvent y accéder, ni me préoccuper d’éventuels dommages collatéraux, alors les recommandations des patrons de la Silicon Valley seraient formidables.»

Non, la France ne doit pas créer des monopoles temporels comme dirait encore Peter Thiel dans son livre Zero to One, pour dégager plus de marge que ses concurrents (notamment européens) pour continuer d’investir pour conserver ce monopole. La France doit penser la collaboration économique avec ses partenaires européens, pour refonder une Europe politique qui va au-delà de la doctrine de concurrence libre et non faussée qui met les pays en compétition fiscale et sociale. La France doit s’imposer en Europe dans une logique de coopération comme on a pu le voir avec les succès industriels que sont Airbus et Ariane espace. Il reste l’économie de la mer, le numérique et tant d’autres domaines sur lesquels coopérer au niveau européen avec nos partenaires, pas nos concurrents.

La France doit être une infrastructure, penser et agir comme une infrastructure

Au lieu d’être une start-up et penser comme une start-up, La France doit devenir État entrepreneurial. Dans ce cadre, son rôle est un rôle de régulateur, d’assureur de dernier ressort et d’arbitre qui assure la liberté d’entreprendre, réduit le coût d’opportunité et le coût d’accès au marché à son minimum pour les entrepreneurs, aide au financement de l’innovation, soutient la recherche fondamentale, tout en protégeant ses industries stratégiques. Son rôle est de garantir la neutralité, l’équité, la transparence et la stabilité sur le marché pour créer un climat de confiance sain et permettre aux entrepreneurs d’innover. À ce titre, il s’agit concrètement de créer une infrastructure favorable à la création de valeur, avec un maximum d’externalités positives pour permettre l’émergence d’un écosystème fertile à la prise de risque. Mais ce n’est pas la France qui doit prendre des risques! Les entrepreneurs seront plus agiles pour identifier les besoins des marchés et les construire, expériences que les clients attendent. L’État s’occupe d’investir dans les infrastructures sur le long terme et de les mutualiser pour tous, à coût d’accès tendant vers zéro avec le nombre, permettant la diminution du coût d’opportunité à l’entreprenariat donc a la vraie égalité des chances.

Il s’agit donc de ne pas penser comme une start-up, mais de penser comme une infrastructure qui permet l’émergence de startups, en garantissant en tant qu’État la contrepartie du cadre législatif dans le sens du progrès sur le long terme pour la société.

Un État, c’est tout le contraire de «move fast and break things», mais plutôt «move forward and don’t break»

«On n’arrête pas le progrès» ou la dictature de l’innovation

«Dans le discours d’Emmanuel Macron à Vivatech, le mot innovation est prononcé 25 fois, le mot progrès n’apparaît pas.»

Comme le dit souvent Etienne Klein dans ses conférences, il y a 50 ans, pour chaque innovation qui faisait avancer la société on disait «On n’arrête pas le progrès». Il y avait une vision bienveillante de l’innovation où l’on se disait que la technologie venait pour libérer l’homme et la femme de leur condition. Dans une société de l’innovation reine, cette expression prend une toute autre tournure. «On n’arrête pas le progrès» est aujourd’hui l’expression d’une dictature de l’innovation. La technologie est vue comme un monstre boulimique qui va venir menacer notre futur, prendre les emplois, consommer toujours plus de ressources, sans garde-fous. C’est d’ailleurs les théories de la Singularity University à Mountain View, où l’on pense que la technologie va remplacer l’homme «en marche forcée» et le rendre obsolète.

Est-ce vraiment notre projet d’avenir?

«L’idée de progrès était une idée doublement consolante. D’abord, parce qu’en étayant l’espoir d’une amélioration future de nos conditions de vie, en faisant miroiter loin sur la ligne du temps un monde plus désirable, elle rendait l’histoire humainement supportable. Ensuite, parce qu’elle donnait un sens aux sacrifices qu’elle imposait : au nom d’une certaine idée de l’avenir, le genre humain était sommé de travailler à un progrès dont l’individu ne ferait pas lui-même forcément l’expérience, mais dont ses descendants pourraient profiter.»

En somme, croire au progrès, c’était accepter de sacrifier du présent personnel au nom d’une certaine idée, crédible et désirable, du futur collectif. Mais pour qu’un tel sacrifice ait un sens, il fallait un rattachement symbolique au monde et à son avenir. Est-ce parce qu’un tel rattachement fait aujourd’hui défaut que le mot progrès disparaît ou se recroqueville derrière le seul concept d’innovation, désormais à l’agenda de toutes les politiques de recherche?»

L’idée de progrès est à l’opposé de la philosophie startup qui s’exécute dans le court terme, dans une fuite en avant dictée par le dogme de l’innovation à tout prix au nom du marché, sans la remettre dans le contexte du désir d’avenir. Non, toute innovation qui rencontre un marché n’est pas un progrès. Quelques exemples? Permettre de partager des photos qui s’effacent sur un réseau social n’est pas un progrès pour l’humanité. Payer pour choisir les caractéristiques génétiques de ses enfants, n’est pas un progrès pour l’humanité. Transplanter du sang de jeunes adultes pour essayer de faire rajeunir de riches hommes d’affaires n’est pas un progrès. 

Permettre de rencontrer des hommes et des femmes sur un simple mouvement de pouce sur son téléphone n’est pas un progrès pour l’humanité. À vous de juger par vous-mêmes.

Pour toutes ces raisons, la France ne doit pas devenir une start-up, ni ne doit penser et agir comme une start-up. La France est une nation, un état, un peuple, une histoire, une culture qui doit s’extraire du pivot permanent, car elle est capable de penser l’avenir au nom d’une idée désirable pour laquelle son peuple est prêt à se sacrifier. Ces revirements de stratégie des startups qui ne savent pas où elles vont et quel est leur modèle en sont l’opposé. Le modèle français est établi : «Liberté, Égalité, Fraternité» et il a une vocation éternelle, car la France n’est pas et ne sera jamais une entreprise, c’est une République.

Mehdi Medjaoui

Source : Tlaxcala, le 9 août 2017


 

 
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