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« La rivière c’est la vie ! »: une photographe chez les Araweté au Brésil

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aut_5359BisAlice Kohler partage ses photos et ses pensées sur son séjour dans le bassin du rio Xingu, en Amazonie brésilienne.

Alice Kohler est une photographe brésilienne qui a visité plus de 20 pays au cours de sa carrière. Au Brésil, en particulier, elle a voyagé dans certains des endroits les plus isolés du bassin amazonien, et a passé du temps avec de nombreux peuples indigènes du pays, dont les Araweté, les Asurini, les Guarani, les Kamaiura, les Karajá, les Kayapo, les Kuikuro, les Parakanã, les Pareci, les Xavante et les Yawalapiti.

Un enfant Araweté. Photo Alice Kohler

Une exposition de ses photographies des Araweté ouvre aujourd’hui à Cusco, au Pérou, pays voisin, dans une galerie nouvellement ouverte, avec pour thème l’Amazonie, et dirigée par l’organisation péruvienne Xapiri. Alice Kohler et Xapiri organisent cette exposition en raison des impacts du barrage de Belo Monte – l’un des barrages les plus connus du monde en raison de l’opposition qu’il a générée – sur les Araweté et sur beaucoup d’autres êtres vivants ; mais aussi en raison des projets d’une compagnie canadienne, Belo Sun Mining, qui cherche à développer ce qui deviendrait la plus grande mine d’or à ciel ouvert du Brésil.

Les Araweté, qui vivent dans le basin du Xingu, dans l’état du Pará, ont établi un “contact” régulier à la fin des années 70, après que leur terre ait été coupée et traversée par une partie de la route dite Transamazonienne (une partie du BR-230), financée, entre autres, par la Banque Mondiale, et la banque interaméricaine de développement. Ce qui a immédiatement entrainé ce que l’anthropologue brésilien Eduardo Viveiros de Castro a appelé, dans une ethnographie publiée en 1986, “une catastrophe démographique”, provoquant la mort d’un tiers d’entre eux. Aujourd’hui, leur population dépasse celle d’avant le “contact”, mais Alice Kohler – et d’autres – affirment que les Araweté subissent actuellement un “ethnocide”.

Alice Kohler partage ici 10 de ses photographies :

Des enfants en train de jouer dans la rivière Ipixuna, dans un village Araweté appelé Juruanty. Photographie : Alice Kohler

“Lorsque nous arrivons au village, la première chose que nous voyons sont les enfants en train de jouer dans la rivière”, explique Alice. “Ils jouent toute la journée, [tandis que les adultes] pêchent, chassent, nettoient des vêtements et des ustensiles, se baignent, et rendent visite à d’autres villages ; il en existe six. Tout [se passe] à la rivière… La rivière c’est la vie ! C’est leur route ! Et elle est merveilleuse : des eaux chaudes, propres, particulièrement [ici à Juruanty] en raison du méandre de la rivière Ipixina, qui la rend plus calme que la rivière Xingu”.

Un Araweté en train de porter un sac plein de maïs. Photo Alice Kohler

2. Cette homme Araweté rapporte du maïs dans son village afin de préparer une fête. Les shorts et les t-shirts sont populaires, explique Alice Kohler, parce qu’ils protègent des piqures de moustiques.

“Ce chemin relie le village à un jardin commun et à un endroit spécial où ils stockent le maïs”, explique-t-elle. “Ce stockage, je ne l’ai vu que chez les Araweté. C’est très spécial ! Ils se rendent toujours là-bas en groupe, parfois seulement les femmes, parfois des couples ou des familles entières. En l’occurrence, toute la famille préparait la fête. Ces sacs sont assez communs. Ils les font rapidement et facilement – normalement, ce sont les femmes qui les font. C’est magnifique à voir”.

 

Trois femmes Araweté et un enfant. Photo Alice Kohler

3. Alice Kohler explique que les Araweté font ces vêtements eux-mêmes, à l’aide de coton qu’ils cultivent et tissent, et de graines d’achiote pour la teinture rouge. L’achiote, ajoute-t-elle, possède de nombreux usages – pas seulement pour les vêtements, mais aussi dans le domaine du cosmétique.

“Ils aiment l’utiliser, tout le temps. C’est un bon répulsif anti-moustique, mais ils l’utilisent aussi en ornement. Pour les fêtes et les rituels, on utilise beaucoup d’achiote. Il y a beaucoup d’arbres autour des villages”.

 

Un jeune Araweté en train de porter des bananes plantain. Photo Alice Kohler

4. Alice Kohler a visité beaucoup de jardins Araweté où ils font pousser du manioc, du maïs, du coton, des patates douces, des roucouyers et des ananas, entre autres ; quand ils se rendent en forêt, ils collectent de l’açaï (euterpe, palmier pinot), d’autres fruits et du miel. Selon l’anthropologue Viveiros de Castro, les Araweté peuvent distinguer plus de 45 types de miel.

“La nourriture la plus importante, c’est la farine de manioc, le porc, ou d’autres viandes de chasse”, explique Alice. “Ils aiment en particulier le ‘jabuti’ – la tortue – et mangent aussi beaucoup de poissons. Ils produisent une boisson fermentée à partir de maïs appelée ‘cauim’ pour leurs fêtes – fermentée par les femmes qui le mâchent et le recrachent dans un pot !”.

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David Hill

Traduit par Nicolas Casaux

Traductions disponibles : Português 

Source : Tlaxcala, le 19 avril 2017


 

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